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Freination de la myopie chez l’enfant

La freination de la myopie chez l’enfant repose sur plusieurs approches étudiées. Découvrez leur efficacité selon les données scientifiques.

Freination de la myopie chez l'enfant : ce que disent réellement les études

Par Laurent CREACH, gérant de LuNet

« Jusqu’à 60 % de freination de la myopie. »

Quand on est parent, ce genre de chiffre attire forcément l’attention. Mais que veut-il dire exactement ? Est-ce que cela signifie que la myopie de son enfant va diminuer de 60 % ? Est-ce qu’elle va s’arrêter ?

Non.

Les études montrent bien que certaines solutions peuvent ralentir la progression de la myopie chez l’enfant. En revanche, elles ne promettent ni guérison ni arrêt complet.

Chez LuNet, c’est ce que nous essayons d’expliquer simplement aux familles : derrière un pourcentage spectaculaire, il faut surtout regarder ce qui s’est réellement passé chez les enfants suivis.

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Que veut vraiment dire « 60 % de freination » ?

Dire qu’une solution freine la myopie de 60 % signifie qu’elle a ralenti sa progression par rapport à un groupe d’enfants qui ne bénéficiait pas de cette solution. Cela ne veut pas dire que 60 % de la myopie disparaît.

Un exemple permet de mieux comprendre.

Dans une étude menée pendant deux ans sur des verres spécifiques, la myopie a progressé en moyenne de -0,41 dioptrie chez les enfants équipés, contre -0,85 dioptrie avec des verres classiques.

Autrement dit, la myopie a continué d’évoluer, mais moins vite.

C’est cette différence qui compte.

 

Ce qu’on peut entendre Ce que cela signifie vraiment
« 60 % de freination » Une progression ralentie par rapport à un autre groupe
« Le verre bloque la myopie » Non, la myopie peut continuer à évoluer
« Le résultat sera le même pour mon enfant » Non, chaque enfant évolue différemment

 

Chez LuNet, c’est toujours le premier point que je vérifie : qu’est-ce que ce pourcentage représente concrètement ?

Les verres freinateurs sont-ils vraiment efficaces ?

Oui, plusieurs études montrent que certains verres conçus pour ralentir la myopie peuvent réduire sa progression chez l’enfant. Les résultats sont aujourd’hui suffisamment solides pour que ces équipements occupent une vraie place dans la prise en charge.

Dans l’étude précédente, les enfants équipés de verres DIMS avaient progressé en moyenne de 0,44 dioptrie de moins en deux ans que ceux portant des verres classiques.

Une autre étude sur des verres utilisant une technologie différente a mesuré environ 0,80 dioptrie de progression en moins sur deux ans.

Mais il y a un détail très concret : les lunettes doivent être portées.

Dans cette étude, les résultats étaient meilleurs chez les enfants qui les portaient au moins 12 heures par jour.

C’est une évidence sur le papier. Dans la vraie vie, cela veut dire qu’une monture qui glisse, qui serre ou que l’enfant n’aime pas porter peut devenir un vrai problème.

Le choix du verre et de la monture compte. Le confort de l’équipement aussi.

Et les lentilles, l’orthokératologie ou l’atropine ?

Les verres ne sont pas la seule solution étudiée. Les lentilles de contact spécifiques, l’orthokératologie et l’atropine peuvent également ralentir la progression de la myopie.

Mais il ne faut pas comparer leurs pourcentages comme on comparerait deux prix sur une étiquette.

Les lentilles demandent une manipulation quotidienne. L’orthokératologie repose sur le port de lentilles rigides pendant la nuit. L’atropine est un traitement médicamenteux qui doit être encadré médicalement.

Les études montrent des résultats intéressants dans chacun de ces domaines.

Un essai de trois ans sur des lentilles souples spécifiques a par exemple mesuré une progression de -0,51 dioptrie, contre -1,24 dioptrie dans le groupe contrôle.

Pour l’orthokératologie, plusieurs études regroupées dans une méta-analyse montrent également un ralentissement de la croissance de l’œil.

Quant à l’atropine, son efficacité varie notamment selon la concentration utilisée, comme le montrent les résultats à cinq ans de l’étude LAMP.

La vraie question n’est donc pas : « quelle méthode affiche le meilleur chiffre ? »

C’est plutôt : quelle solution est adaptée à cet enfant et pourra être suivie correctement dans la durée ?

Pourquoi parle-t-on aussi de la longueur de l’œil ?

Lorsqu’on parle de myopie, on pense naturellement aux dioptries indiquées sur l’ordonnance. Pourtant, les spécialistes suivent aussi un autre élément : la longueur axiale, c’est-à-dire, pour simplifier, la longueur de l’œil.

Pourquoi ?

Parce que chez un enfant myope, la progression est souvent liée au fait que l’œil continue à s’allonger.

Les études sur la freination de la myopie mesurent donc généralement deux choses : l’évolution de la correction et l’évolution de cette longueur.

Ce suivi est important parce qu’une myopie plus forte est associée, à l’âge adulte, à davantage de risques de certaines complications oculaires. Une grande analyse portant sur environ 21 000 personnes montre ainsi que le risque de maculopathie myopique augmente avec chaque dioptrie supplémentaire.

L’idée n’est pas d’inquiéter les parents. Elle est simplement de comprendre pourquoi ralentir la progression aujourd’hui peut avoir un intérêt pour demain.

Peut-on appliquer les résultats des études à tous les enfants ?

Non. Une étude donne une moyenne sur un groupe d’enfants. Elle ne peut pas prédire exactement ce qui se passera chez le vôtre.

C’est une nuance importante.

Une grande partie des études sur la myopie a notamment été réalisée en Asie. Une revue publiée en 2025 a regroupé 74 essais randomisés et plus de 12 000 participants, avec plus de 70 % des travaux menés dans des populations asiatiques.

Ces résultats sont précieux. Mais un enfant de 9 ans suivi à Nantes ne réagira pas forcément exactement comme la moyenne d’un groupe étudié à Hong Kong ou en Chine.

C’est pourquoi je me méfie des phrases du type : « cette solution freinera la myopie de votre enfant de 60 % ».

Personne ne peut promettre ce chiffre à l’échelle individuelle.

Comment savoir si cela fonctionne chez son enfant ?

Il faut regarder l’évolution dans le temps. Une seule ordonnance ne suffit pas.

Chez un enfant dont la myopie progresse, ce qui devient intéressant, c’est la comparaison entre plusieurs rendez-vous : quelle était sa correction l’année dernière ? Et l’année précédente ? La progression ralentit-elle ?

Lorsque la longueur axiale est mesurée, elle apporte une information supplémentaire.

Il faut aussi tenir compte du quotidien. Les lunettes sont-elles vraiment portées toute la journée ? L’enfant les supporte-t-il bien ? La monture reste-t-elle correctement positionnée ?

C’est aussi tout l’intérêt d’adapter les lunettes à son quotidien.

C’est très concret, mais essentiel.

Une solution efficace dans une étude ne peut pas donner les mêmes résultats si elle est mal portée ou abandonnée au bout de quelques mois.

Passer plus de temps dehors peut-il freiner la myopie ?

Passer du temps dehors est surtout utile pour réduire le risque de devenir myope. Chez un enfant déjà myope, cela reste une très bonne habitude, mais ce n’est pas un remplacement d’une prise en charge adaptée.

L’Organisation mondiale de la Santé recommande notamment au moins 90 minutes par jour à l’extérieur et des pauses régulières lors des activités prolongées de près.

Il faut donc bien distinguer deux choses : prévenir la myopie et ralentir une myopie déjà installée.

Alors, quelle est la meilleure solution ?

Il n’existe pas une solution idéale pour tous les enfants.

L’âge, la vitesse à laquelle la myopie progresse, le mode de vie, l’acceptation des lunettes ou des lentilles et le suivi médical comptent tous dans la décision.

Chez LuNet, je préfère donc éviter la course au plus gros pourcentage.

La bonne question est plutôt : quelle solution peut convenir à cet enfant, être portée correctement et être suivie dans le temps ?

Les études nous donnent des repères solides. Ensuite, il faut revenir à l’enfant qui est devant nous.

Rédigé par l’agence Fair | Validé par les gérants Anne-Sophie CRÉACH et Laurent CRÉACH

Date de publication : 15 septembre 2026

  • Les verres freinateurs peuvent-ils arrêter complètement la myopie ?

    Non. Ils sont conçus pour ralentir sa progression, pas pour garantir son arrêt.

  • Les verres freinateurs font-ils baisser la myopie ?

    Non. Ils corrigent la vision et cherchent à limiter l’aggravation future de la myopie.

  • Est-ce efficace chez tous les enfants ?

    Non. Les études donnent des résultats moyens. La réponse peut varier d’un enfant à l’autre.

  • Faut-il porter les lunettes toute la journée ?

    Un port régulier est important. Plusieurs études montrent que le temps de port influence l’efficacité.

  • Comment voit-on si la myopie ralentit ?

    En comparant l’évolution de la correction au fil du temps et, lorsqu’elle est mesurée, celle de la longueur axiale.

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